Une nouvelle classe politique est une priorité !

L’université de Ouagadougou est en lambeaux. Le chômage des jeunes est endémique. Le système de santé défaillant.

Notre pays est bloqué. Nous avons l’impression, qu’il lui manque une petite chose pour le voir décoller réellement.

Pour un pan entier de la population, ce retard est avant tout la conséquence de deux facteurs : la pauvreté de notre sous-sol et l’enclavement de notre territoire.

Dépourvu des champs pétrolifères saoudiens et coincé entre six États, il est pour les tenants de cette théorie paresseuse, quasi impossible pour notre pays d’envisager un avenir radieux.

Quid alors, de cet État d’Afrique centrale, le Gabon, cinquième producteur d’or noir sur le continent et doté d’une façade maritime mais qui malgré tout se noie dans un sous-développement abyssal.

Quid alors, de ce dragon asiatique, la Corée du Sud, dépourvue de matières premières, mais qui, malgré tout, est passé en 1957 du PIB par habitants de la Somalie – une boite de corned beaf par famille et par jour – à la onzième économie mondiale. Les exportations sud-coréennes sont 50% supérieures à celles de l’ours russe. En dépit du fait que ce dernier ait un territoire 171 fois plus grand, trois fois plus d’habitants, des ressources naturelles aussi diversifiées qu’abondantes et même de superbes mannequins.

Certes, les processus de développement peuvent s’inscrire dans un contexte géographique, historique et culturel bien donné. Mais il existe un dénominateur commun entre tous. Et il se nomme : l’élite politique. C’est celle-là qui dessine les grands axes de la destinée d’une nation.

En effet, qui aurait parié par exemple sur le pays des milles collines – le Rwanda-  après l’épouvantable drame qu’il a vécu en 1994 ? État meurtri par un génocide qui ôta la vie à 800 000 âmes, ce petit pays enclavé (comme le nôtre) avec une superficie comparable à celle de l’Auvergne est devenu en quelques années un modèle de bonne gouvernance sur le continent. Sa capitale – Kigali – est présentée comme la ville la plus propre du continent par les nations unies. L’indice de pauvreté qui était de 60% en 2000 est descendu à 45% en 2011. 1 millions de rwandais (es) ont été sortis de la misère extrême. La mortalité infantile a été diminuée de 60%. Le pays est présenté comme étant le plus sûr du continent par le World Economic Forum. De plus, 38% des rwandais (es) bénéficient d’une assurance maladie pour tous, un taux bien supérieur à celui des États-Unis. 95% des rwandais bénéficient d’une couverture internet 4G.

Tous ces progrès, dans un pays enclavé, sans grandes ressources minérales, n’auraient certainement pas été possibles sans la clairvoyance de la classe politique rwandaise. Dans la mesure où, c’est l’élite politique qui planifie, édite et pilote les projets d’infrastructures, les systèmes éducatifs, les politiques de santé publique et toutes ces autres thématiques relatives à l’émergence d’un pays,  les succès économiques ne sont en quelques sortes que des succès politiques. Le classement doing business (édité par la banque mondiale) qui mesure la qualité de l’environnement des affaires dans 189 pays dans le monde vient confirmer cela. En effet, les États les plus favorables aux affaires sont naturellement les économies les plus compétitives de la planète mais ils sont aussi de grands pôles de stabilités politiques. Singapour, les États-Unis, le Danemark, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, Maurice, le Chili etc. Tous ces États, eurent à leurs têtes des élites politiques qui ont su mettre en place des écosystèmes de gouvernances publiques adaptées, qui ont, à leur tour impactés considérablement l’économie. L’économie est donc intimement lié à la politique. Les succès économiques, comme les échecs économiques sont intiment liés aux élites politiques. Le développement est avant tout un succès politique. De même que le non-développement.

Par conséquent, si 44% des Burkinabés ont des revenus annuels inférieurs au prix d’une console de jeux vidéo c’est avant tout dû à la faillite de la gouvernance qu’incarne le leadership politique. Notre environnement politique est sclérosé et atrophié. Notre pays, est pris en otage par Franck Underwood. Le héros cynique et calculateur de House Of Cards, la série à succès de Netflix, est l’archétype de notre classe politique. En effet, habile pour haranguer et manipuler les foules, notre classe politique vieille de plus de 30 années maintenant, est aux abonnées absentes lorsqu’il s’agit de mettre en place des programmes de société en cohérence avec les défis auxquelles nous sommes confrontés. Notre classe politique à considérer faire de la politique – organisation de la cité – en organisant des meetings. Elle ne propose aucune idée et navigue à vue. Or, les idées sont l’élément moteur de toute transformation pérenne et efficace. Une nation, grâce à la vision de ses élites politiques, peut transformer l’aridité de son milieu naturel en atout, sa position géographique en catalyseur de croissance économique, ou la taille de sa population en levier d’émergence. Le champ des idées c’est le champ de tous les possibles. Toutes les nations qui ont désiré communier avec l’émergence ou l’affirmation, ont dû à un moment ou un autre, s’appuyer sur un personnel politique de qualité, capable de transcender les barrières naturelles et physiques imposer par la nature ou l’histoire. Less nations- se sont appuyées sur des ‘’transformateurs’’. Mustapha Kemal Atatürk à transformé le grand malade de l’Europe en une Turquie moderne, Lee Kuan Yew a su tiré profit de la position géographique de Singapour pour la hisser au rang des économies les plus compétitives de la planète.

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Le Burkina Faso est à la croisée des chemins. Notre système éducatif est inexistant, notre système de santé défaillant, nos infrastructures routières, aéroportuaires et ferroviaires chancelantes. Des centaines de milliers de jeunes sont aux abois, ils regardent leurs vies défiler impuissamment. Notre pays doit être réinventé, transformé. Cela passera obligatoirement par la case politique car celle-ci détient les leviers de la transformation. Par conséquent, la transformation de notre pays passera par la transformation de notre classe politique. Dans ce cas, le renouvellement de notre classe politique devient un impératif. Le Burkina Faso a aujourd’hui plus que jamais besoin d’une nouvelle dynamique. Elle ne viendra que d’une nouvelle offre politique. Une vrai alternative, crédible, cohérente, impulsée par une nouvelle génération de talents, qui croit au Burkina.

Gabriel Poda –

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